S’exercer à convaincre
Les mains moites, la gorge sèche, le genou gauche qui tremblote, ils n’en ont jamais entendu parler. En présence d’un auditoire, leur voix endort le plus endurci des convaincu.
10 minutes de gloire peuvent être bien longues quand il s’agit de discourir devant un public aguerri. Bruno Gélinas-Faucher (1ere place), Aymen Sellami (2e place), Simon Labat (5e place), Jean-René Roy et Gabriel Meunier ont fièrement représenté la Section de droit civil lors de la Coupe Pierre Elliot Trudeau, un tournoi de débat oratoire tenu la fin de semaine dernière au pavillon Fauteux.
70 participants provenant de sept institutions postsecondaires s’affrontaient sur des thèmes variés. Une équipe de deux débatteurs forme le gouvernement et tente de convaincre les juges de la valeur de leur projet de loi. L’équipe de l’opposition dispose du même temps pour contredire les arguments du gouvernement.
En demi-finale, le débat extrême portait sur l’abolition de toutes les importations et exportations au Canada. Il fallait donc tenter des arguments liés à l’économie, la mondialisation, le droit international. Bien que théorique, pousser ce débat était un défi, explique l’étudiant Bruno Gélinas-Faucher.
« Je crois que nous avons gagné grâce à notre éloquence, mais surtout parce qu’avec la formation en droit, nos arguments de fond sont basés sur des principes comme les libertés fondamentales », analyse celui qui est aussi l’ex-président de l’Association étudiante.
En finale, le projet de loi gouvernemental exigeait que l’opposition gagne le débat. Deux étudiants en philosophie affrontaient l’équipe de l’opposition composée de Bruno et Aymen. En argumentant entre autres sur leur capacité excessive à transpirer, ils ont tenté en vain de convaincre les juges de laisser gagner le gouvernement. Trop forts, les étudiants en droit l’ont emporté haut la main.
« Le débat, c’est une stimulation intellectuelle avant tout. J’ai aussi un intérêt professionnel à développer les qualités qu’un avocat doit posséder en litige ou en plaidoirie », explique le gagnant du tournoi M. Gélinas-Faucher.
La coorganisatrice de l’événement, l’étudiante Catherine Blanchard, considère cette 5e édition comme une grande réussite. « Chaque année, il y a de plus en plus de participants. Certains viennent débattre, d’autres juger. La relève est présente et les étudiants de l’Université d’Ottawa gagnent souvent, ici et dans les autres tournois francophones », élabore la présidente de la Société des débats français de l’Université d’Ottawa (SEDFUO).
Tel Pégase au service de Zeus, les talents oratoires sont au service des positions les plus lumineuses, comme des plus obscures. Il faut dire blanc, et dans le débat suivant vanter le noir. Mercredi après mercredi, les étudiants de l’Université d’Ottawa s’exercent à convaincre.


